Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’échanger avec Jean Raymond, concepteur d’Aquater, solution de géothermie innovante qu’il définit comme étant une « géothermie simplifiée ».
Elle fonctionne sur un principe simple, il suffit de placer une citerne d’eau souple sur le sol d’une cave ou d’un vide sanitaire. Aisée à mettre en place et adaptée à la plupart des logements elle promet de révolutionner notre approche du chauffage et de la climatisation.
À travers cette interview, découvrez comment Aquater apporte une réponse concrète aux enjeux énergétiques et climatiques auxquels notre société doit répondre, tout en rendant l’accès à la chaleur et à la fraicheur abordables.
Le principe de géothermie simplifiée : une innovation accessible
[Carnot ISIFoR] Aquater repose sur un concept que vous qualifiez de « géothermie simplifiée ». Pouvez-vous nous expliquer en quoi il diffère des solutions traditionnelles de géothermie ?

Principe du dispositif Aquater
[Jean Raymond] L’idée d’Aquater est née d’un constat simple : la géothermie classique, bien qu’efficace, reste complexe et coûteuse. Elle nécessite des forages profonds, des autorisations administratives lourdes et des investissements importants. Avec Aquater, nous avons simplifié tout cela en utilisant une simple citerne textile souple posée directement sur le sol d’une cave ou d’un vide sanitaire. Grâce à la différence de température entre l’atmosphère et le sol sur lequel est posée la citerne, un échange thermique naturel chauffe l’eau stockée dans cette citerne et créé une réserve de calories. Ce sont ces calories « récupérées » via une pompe à chaleur qui vont permettre de chauffer ou de rafraîchir un bâtiment et même produire de l’eau chaude.
[Carnot ISIFoR] En quoi cette solution est-elle plus accessible ?
[Jean Raymond] Elle est accessible car elle est modulaire, adaptable et peu intrusive. Contrairement à la géothermie de surface ou profonde, Aquater ne nécessite pas de forages coûteux ni d’analyses géologiques complexes. Elle s’intègre facilement dans les projets de construction qu’ils soient neufs ou de rénovation. Quant à son dimensionnement, il dépend simplement du volume à chauffer en fonction de la nature du sol.
Aujourd’hui et demain : une solution validée et prometteuse
[Carnot ISIFoR] Où en est Aquater aujourd’hui ? Quelles sont les prochaines étapes ?
[Jean Raymond] Aujourd’hui, Aquater a franchi deux étapes clés.
Première étape, la validation scientifique. Grâce à une collaboration avec l’IMFT (l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse) et un doctorant, nous avons démontré scientifiquement que le principe fonctionne.
Selon Gérald Debenest (professeur à l’IMFT) qui a supervisé ce travail : « Afin d’optimiser les systèmes créés par Jean Raymond et d’adapter leur conception aux spécificités géologiques locales, l’IMFT a mis au point un jumeau numérique du sous-sol. Ce modèle, validé par confrontation aux mesures terrain réalisées dans le cadre d’une thèse CIFRE entre l’IMFT et Carneau Énergie (l’entreprise qui propose Aquater), simule les transferts couplés de chaleur et de masse en milieu poreux. Il permet d’anticiper les performances énergétiques, d’optimiser le dimensionnement des installations et de réduire les risques liés aux variations géologiques ou saisonnières. »

Citerne d’eau souple
Seconde étape l’obtention du Titre V du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). Il s’agit d’une certification essentielle pour crédibiliser notre solution auprès des professionnels du bâtiment. C’est un point important pour la proposer et être considéré comme un interlocuteur crédible dans ce milieu.
Fort de la validation scientifique de notre solution, de sa reconnaissance par l’organe de référence du monde du bâtiment et armés de deux brevets (français et européens) nous sommes prêts pour passer au développement commercial d’Aquater.
[Carnot ISIFoR] Quels sont vos objectifs pour demain ?

Échangeur thermique
[Jean Raymond] Mon ambition est de démocratiser Aquater. Pour cela, nous cherchons à embaucher une équipe dédiée ; à la communication, à la prospection et à la formation. Nous voulons sensibiliser les architectes, les bureaux d’études et les pouvoirs publics à cette solution, qui répond à plusieurs enjeux majeurs : l’indépendance énergétique, la réduction des coûts de chauffage et l’adaptation au changement climatique. En d’autres termes c’est un projet qui n’est pas une innovation de plus, il va plus loin, il a une ambition socio-politique.
Aujourd’hui nous nous attelons à l’étape suivante et nous visons un déploiement large, notamment dans le neuf, où le potentiel est énorme.
