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mercredi 13 décembre 2023

[Les entretiens de fond] Nathalie Pannetier (responsable du pôle valorisation de l’UPPA) : la valorisation sous toutes ses formes

Valorisation - UPPA - Carnot ISIFoR - SATT - innovation - recherche partenariale - Nathalie Pannetier

Nathalie Pannetier

Docteure en physicochimie des polymères en 1999 Nathalie Pannetier poursuit, à l’issue de sa thèse, sa carrière à l’UPPA dans le partenariat de recherche public/privé.

Son parcours professionnel prend la voie de la valorisation de la recherche où elle exerce différentes fonctions avant de prendre la responsabilité du Pôle Valorisation au sein de la Direction de la Recherche et de la Valorisation en 2010.

Nous la rencontrons aujourd’hui pour qu’elle nous expose comment la valorisation s’est structurée et a grandi au sein de l’UPPA. Maillon de cette chaîne, qui facilite et rend possible le dialogue et le travail entre le monde socio-économique et la recherche académique, l’institut Carnot ISIFoR y apparaitra comme un atout de plus pour l’UPPA, il y prend « naturellement » place en 2011 comme nous le verrons.

Le tableau qu’elle nous dresse de la Valo à l’UPPA, presque 20 ans, permet de prendre du recul et constater le travail réalisé, apprécier la professionnalisation de ce métier et constater toutes les possibilités qui unissent désormais quotidiennement la recherche publique avec le monde socio-économique.

 

1997-2000 – Une université aux avant-postes dans un contexte encore flou

[Nathalie Pannetier] L’UPPA bénéficie d’une riche histoire autour de la valorisation. Notre établissement a toujours été volontariste dans ce domaine, du fait notamment de la présence à Pau d’Elf Aquitaine (qui deviendra Total puis TotalEnergies) avec qui l’UPPA a de nombreux partenariats de recherche.

Une première cellule, très innovante et pionnière, parmi les établissements universitaires de l’époque, s’est ainsi montée en 1996 sous la houlette d’une directrice et d’un vice-président. Jusqu’alors les activités de valorisation étaient peu définies, les échanges souvent informels et les liens contractuels déséquilibrés. Cette situation semble incroyable aujourd’hui mais cela pouvait se passer ainsi à cette époque. Il fallait donc que cette situation change et c’est ce à quoi cette première structure s’est employée : par le biais de la contractualisation, de l’application du droit de la propriété intellectuelle et du dépôt de brevets en commun. Il fallait également changer les manières de travailler, d’échanger et intéresser le chercheur à la valorisation sous toutes ses formes. Cela lui permettait ainsi de récupérer des financements, ce qui est intéressant, mais également de garder de la propriété sur les résultats obtenus via la contractualisation. Ceci était nouveau et positionnait l’établissement comme un vrai partenaire plutôt qu’un « sous-traitant ».

 

2000-2010 – la mise en place des premières structures – faire bénéficier le milieu socio-économique de la recherche publique de l’UPPA

[Nathalie Pannetier] C’est au début des années 2000 que les lois de l’innovation (dite lois Allègre) portées par Claudie Haigneré (qui est alors ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies) sont promulguées. Ces lois ont pour principe de faire bénéficier le monde socio-économique de la recherche publique. Cela a permis la création de passerelles pour relier un monde à l’autre.

Valorisation - UPPA - Carnot ISIFoR - SATT - innovation - recherche partenariale - Nathalie PannetierC’est à ce moment que j’arrive à l’UPPA, je remplaçais une personne qui était sur un poste au transfert. J’étais en phase avec ce travail, mon doctorat avait été réalisé avec une entreprise et pour moi ce dispositif était logique, il était appelé à se développer. Ce développement devait connaître ces années-là une très riche actualité : une volonté politique impulsant des changements au niveau national, une politique régionale pionnière en Aquitaine dans laquelle le président de la Région Nouvelle-Aquitaine s’est beaucoup impliqué et la politique de notre établissement elle aussi particulièrement dynamique du fait de sa proximité avec un territoire au sein duquel la R&D privée était déjà fortement présente.

À la Valo on disait à l’époque « l’Europe recherche, les États-Unis développent et l’Asie exploite ». En France on publiait mais on faisait peu de partenariat et de recherche à portée industrielle – c’était historique ; la publication prenait le pas sur tout le reste. Il fallait donc s’attacher à développer les relations entre le monde de la recherche et le monde socio-économique, c’est ce que l’UPPA a fait en créant en 2000 une équipe spécifique pour le transfert de technologies. Dans le même temps, la région faisait quelque chose de similaire à son échelle et créait, en plus, des incubateurs régionaux (outils intégrés aux lois Allègre). Des agences de l’innovation se mettaient également en place pour aider aux montages des projets d’innovation. Ainsi, dans le Sud-Ouest il y a eu la création d’Innovalis Aquitaine (devenue depuis 2009 ADI).

L’équipe Innov’Adour en 2004

En 2003 et 2005 deux projets montés par la Directrice du service valorisation et le Vice Président dédié à la valorisation de l’UPPA de concert avec les collectivités locales et Innovalis Aquitaine donnaient naissance aux projets UPPA-ENTREPRISES et à Innov’adour, prémice ou amorçage du portail entreprise de l’UPPA et de la SATT Aquitaine Sciencs Transfert. L’idée : travailler sur des outils de communication pour aller vers les entreprises pour leur proposer les compétences de UPPA. Innov’Adour avait pour but de  conduire des projets allant jusqu’au transfert de technologie et à la création d’entreprise. L’ensemble de ces missions ressemblaient à celles des SATT (Sociétés Accélératrices du Transfert de Technologies qui sont nées à partir des années 2010) mais nos moyens étaient plus modestes. Finalement l’UPPA participa à la création de la SATT Aquitaine Science Transfert en 2012, elle transféra son activité Innov’Adour dans celle-ci tout en conservant le partenariat et la R&D publique/privée.

En 10 ans une vraie politique de la valorisation des résultats de recherche de l’UPPA était née et s’était fortement structurée à des échelles différentes. L’UPPA a toujours participé et souvent anticipé les besoins de valorisation de sa recherche. En 2010 la mission de promotion de l’offre de recherche et de développement des partenariats, via un service dédié de l’établissement, était bien établie et structurée. Mais cette mission était appelée à beaucoup évoluer encore.

 

2011-2023 – Un écosystème vivant et efficace pour être au plus près du monde socio-économique

[Nathalie Pannetier] Forte de tous les outils développés dans la décennie précédente, l’UPPA a pu se tourner plus résolument encore vers les entreprises.

Il en va ainsi avec la naissance en 2011 de l’institut Carnot ISIFoR (dont l’UPPA est la tutelle-mère) qui accompagne les projets de RI&D sur les enjeux énergétiques et environnementaux du sous-sol et participe au financement de la recherche.

 

Valorisation - UPPA - Carnot ISIFoR - SATT - innovation - recherche partenariale - Nathalie Pannetier

Illustration tirée de la vidéo, E2S UPPA : dynamiser l’innovation autour de l’environnement et de la transition énergétique, ©UPPA.

En 2017 l’UPPA est lauréate de l’initiative i-Site (Initiative Science-Innovation-Territoires-Économie) avec son projet E2S « Solutions pour l’énergie et l’environnement », porté par le consortium constitué de l’UPPA, l’Inria, l’INRAE et le CNRS. Pérennisé en 2022, il promeut des outils comme son portail entreprise, sa plateforme UPPA tech et s’engage dans d’importants projets avec des partenaires industriels.

La période 2011-2023 a donc été celle du renforcement du transfert sous la forme de laboratoires-communs et de chaires avec des grandes entreprises tout cela résultant d’un travail continu avec les ETI et les PME. Plus récemment, une orientation sur la création et/ou le soutien de starts-ups s’est également affirmée.

Dernière confirmation que notre université est engagée vers l’avenir, le 10 juillet 2023 l’UPPA s’est vu attribuer, avec le projet Sud Aquitaine Innovation (SAI) dont elle est le chef de file, le label de Pôle Universitaire d’Innovation (PUI) qui vise à accélérer la dynamique d’innovation des écosystèmes territoriaux. Les membres fondateurs de SAI sont le CNRS, INRAE, INRIA, SATT AST et l’ADERA.

Pour résumer, l’établissement a souvent été pionnier et ceci quelle que soit la facette de la valorisation. Cet état d’esprit, porté par un véritable enthousiasme, a été le garant d’une bonne visibilité sur de nombreux plans : régional, académique, industriel et international.

Et Demain ?

Valorisation - UPPA - Carnot ISIFoR - SATT - innovation - recherche partenariale - Nathalie Pannetier

L’UPPA est lauréate du PUI ; à cette occasion le secrétaire général pour l’investissement France 2030 (Bruno Bonnell) visite l’université dont le laboratoire DMEX (photo). De gauche à droite Peter Moonen (directeur du laboratoire DMEX), Laurent Bordes (président de l’UPPA), Bruno Bonnell. ©UPPA.

[Nathalie Pannetier] Demain se trouve d’ores et déjà dans les grandes lignes tracées par le PUI. Demain c’est aller vers la start-up, la création d’entreprises, promouvoir l’offre d’équipements dont nous disposons et que le centre de services instrumental UPPA tech met en avant. Le futur cela pourra aussi passer par des chercheurs détachés dans les entreprises et réciproquement enfin, un point auquel je crois tout particulièrement : l’université tout au long de la vie qui doit être un axe fort.

Le panorama que nous venons d’esquisser suit donc les pas de femmes et d’hommes qui ont rendu l’UPPA actrice de sa valorisation et l’ont fait rayonner. Il ne s’agit cependant que d’un rapide rappel, bien loin de la masse de travail qui a été nécessaire à la création du pôle de valorisation que nous connaissons et dont la mission n’a pas varié : être au service de la recherche et de sa valorisation.

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